Mon Studio Maison

Apprendre les riffs de AC/DC pour débutant sans solfège

Apprendre les riffs de AC/DC pour débutant sans solfège

Il est tard, le calme est revenu dans mon quartier de Grenoble, et je suis assis face à ma guitare comme devant une machine extraterrestre. C'était fin novembre dernier, les premières gelées arrivaient, et je fixais ces 6 cordes en me demandant comment un truc aussi simple en apparence pouvait être aussi frustrant. Je n'arrivais même pas à faire sonner un accord de Sol proprement. À chaque tentative, un couinement strident m'arrachait une grimace — mon annulaire qui, sans que je m'en aperçoive, venait effleurer la corde du dessous, étouffant la note dans un bruit de plastique écrasé.

Petite note honnête avant d'aller plus loin : ce carnet contient quelques liens affiliés. Si vous décidez de passer par l'un d'eux pour vos propres essais, je touche une commission sans que votre prix ne bouge d'un centime. Je ne mentionne ici que ce que j'ai réellement installé et testé dans mon petit coin d'enregistrement.

Le mur du solfège et l'envie de faire du bruit

À trente ans passés, on n'a plus forcément la patience de s'enquiller des années de théorie musicale avant de s'autoriser un plaisir simple : entendre le "crunch" d'un riff légendaire avant d'aller dormir. Le solfège, pour moi, c'est comme essayer de lire la notice d'un meuble suédois en version originale avant même d'avoir déballé les vis. Je voulais du concret, du immédiat. J'avais déjà documenté mes premiers accords et mes bouts de doigts en compote, mais il me manquait ce petit déclic, celui qui transforme un exercice fastidieux en un moment de rock.

Gros plan d'une main de débutant plaquant un accord sur une guitare électrique.

Pendant les semaines les plus froides de janvier, j'ai réalisé que je tournais en rond. Je cherchais des tablatures sur internet, mais entre les versions trop complexes et les vidéos de virtuoses qui expliquent tout en termes techniques, je perdais mon temps. C'est là que je suis tombé sur une approche qui changeait la donne : se concentrer sur l'essentiel. Pas de partitions, pas de théorie fumeuse, juste le placement des doigts pour les morceaux d'AC/DC. Pourquoi eux ? Parce que leur son repose sur des accords de puissance (les fameux power chords) qui ne demandent souvent que deux ou trois doigts. C'est le point d'entrée idéal pour un débutant qui veut du résultat sans passer par le conservatoire.

La méthode des 7 riffs : un déclic dans mon salon

Après environ trois semaines de pratique quotidienne, j'ai commencé à suivre le programme AC/DC en 7 riffs [Coup de cœur]. Ce qui m'a plu, c'est cette promesse de simplicité : on prend 7 segments musicaux qui ont défini l'histoire du rock et on les décortique sans jamais parler de gammes mineures ou de modes lydiens. On parle de rythme, de placement et surtout, de sensation.

J'ai appris que le secret d'Angus Young, ce n'est pas seulement sa vitesse, mais la précision de son attaque. Mais pour moi, c'est le style de Malcolm Young qui a été la vraie révélation. On a souvent tendance, quand on débute, à vouloir jouer le plus de notes possible. Pourtant, le son AC/DC, c'est avant tout un espace, un silence entre deux coups de médiator. J'ai passé des soirées entières à essayer de stabiliser mon accordage sur le la standard à 440Hz, sentant cette odeur métallique et entêtante des cordes en nickel qui reste sur le bout des doigts bien après avoir éteint l'ampli. C'est un parfum de travail accompli, même si le résultat est encore brut.

L'angle mort du débutant : le son avant la note

S'il y a bien une chose que j'ai comprise en bricolant dans mon coin, c'est qu'il ne faut pas viser la perfection technique immédiate. On s'en fiche si la transition entre le Ré et le La n'est pas fluide à la milliseconde près au début. Ce qui compte, c'est le grain. Avant même d'enchaîner les notes de "Back in Black", j'ai passé un temps fou à régler mon petit ampli pour trouver ce son granuleux, typique de Malcolm.

Mon conseil de faux expert : baissez le gain de votre ampli plus que vous ne le pensez, et attaquez les cordes franchement. C'est là que la magie opère. Ce n'est pas de la distorsion pure et dure, c'est une saturation naturelle qui pardonne un peu les maladresses tout en donnant une énergie folle. C'est beaucoup plus gratifiant que de jouer parfaitement une mélodie avec un son tout plat qui rappelle les sonneries de téléphone des années 2000.

Détail des boutons de réglage d'un ampli guitare pour obtenir un son rock.

La première prise : un soir de pluie en avril

Un soir de pluie en avril, j'ai enfin osé appuyer sur le bouton d'enregistrement de mon ordinateur. J'avais passé du temps à comprendre comment choisir ma première interface audio et il était temps de voir ce que j'avais dans le ventre. J'ai lancé un métronome basique — à l'époque j'avais même lorgné sur le KOMPA GOD DRUMKIT Vol.1 pour avoir une rythmique plus sympa, même si c'est très typé — et j'ai tenté ma première prise de "Highway to Hell".

À travers mes écouteurs, pour la première fois, ce n'était pas juste du bruit. C'était de la musique. Certes, c'était une version un peu bancale, un peu hésitante, mais le rythme en 4/4 était là. Cette signature rythmique simple est une bénédiction pour nous, les débutants. Elle permet de se caler sans avoir besoin de compter frénétiquement dans sa tête. J'ai ressenti cette petite décharge d'adrénaline, ce moment où l'on se dit : "Ah ouais, je suis en train de faire ça, là, dans mon salon".

Pourquoi choisir AC/DC pour commencer ?

Progresser sans se mettre la pression

Le plus dur quand on apprend seul à la maison, c'est de garder la flamme quand les progrès semblent stagner. Mais avec ces quelques riffs en poche, j'ai une base. Je sais que si je galère sur un nouvel exercice, je peux toujours revenir à mon riff de confort pour me rappeler pourquoi j'ai commencé tout ça. Le plaisir d'un amateur, ce n'est pas de remplir des stades, c'est ce petit spark de joie quand on finit par "choper" le rythme sans avoir besoin d'un prof qui nous surveille.

Si vous aussi, vous avez une guitare qui prend la poussière parce que la théorie vous a découragé, je ne peux que vous conseiller de jeter un œil à la méthode AC/DC en 7 riffs. C'est honnête, direct, et ça remet l'instrument là où il doit être : entre vos mains, pour faire du bruit et se faire plaisir. Pour le reste, comme la Configuration Home Studio pour bien capturer vos exploits, on verra ça au fur et à mesure des sessions nocturnes.

Articles connexes