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Pourquoi choisir les riffs de AC/DC pour débuter la guitare

Débuter la guitare en autodidacte avec les riffs d'AC/DC, une idée reçue à corriger
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Vous pensez que choisir les riffs d'AC/DC est la solution de facilité quand on démarre la guitare en autodidacte ? C'est ce que la plupart des guides pour débutants laissent entendre, et c'est aussi ce que je croyais avant de m'installer dans mon coin studio, ici à Grenoble, avec une guitare que je savais à peine accorder. Le raisonnement paraît logique sur le papier : moins de notes, des riffs qu'on reconnaît en trois secondes à la radio, pas besoin de solfège. Mais la réalité de la pratique, celle qui se joue casque sur les oreilles après une journée de travail, raconte une tout autre histoire.

Le mythe : AC/DC, un raccourci facile pour débuter la guitare ?

On nous vend souvent l'idée qu'apprendre trois ou quatre accords de puissance à la Angus Young suffit pour sonner comme un vrai groupe de rock, qu'on n'a pas besoin de trois ans de théorie pour faire un bruit qui tient debout. Cette promesse a quelque chose de séduisant pour qui veut juste jouer, tout de suite, sans passer par des heures de gammes abstraites.

Le problème, quand on démarre, c'est qu'on veut tout régler en même temps. On cherche comment obtenir un son de guitare correct en enregistrement amateur tout en luttant encore contre ses propres doigts sur le manche. Choisir AC/DC ramène à l'essentiel : une guitare électrique standard a six cordes, et cette musique n'en utilise souvent que trois ou quatre à la fois — mais avec une conviction que peu de débutants ont au départ.

Gros plan sur les doigts d'un débutant en guitare plaçant un accord ouvert avant un riff d'AC/DC

La précision rythmique, l'obstacle qu'on ne voit pas venir

Un accord de puissance mal calé rythmiquement ne sonne pas « presque juste », il sonne creux, sans l'urgence qui fait tout l'intérêt du morceau. C'est cette exigence-là que les guides pour débutants passent sous silence quand ils vendent AC/DC comme la voie facile.

Plaquer un Sol, un Ré et un La — les fameux accords ouverts — ça s'apprend en une soirée, si on s'y met sérieusement. Un tableau de référence des accords de guitare ouverts aide à vérifier que les doigts sont bien placés avant même de penser au rythme. Mais leur donner ce petit balancement qu'on entend chez Malcolm Young demande un contrôle du poignet et une régularité qu'aucun tableau ne montre. Là, il n'y a pas de raccourci qui tienne.

Pendant un moment, ma solution a été d'éviter le problème plutôt que de l'affronter : j'ai passé des heures à regarder des tutoriels YouTube où quelqu'un décortiquait le riff image par image, sans jamais reposer la main sur le manche pendant que je regardais. Ça donnait l'impression d'avancer. En réalité, ça ne remplaçait rien du tout. Puis un soir, en réécoutant une prise au casque, j'ai entendu quelque chose qui ressemblait enfin à une mélodie, pas ce raclage de cordes empilées que je connaissais par cœur. Ce contraste-là, à lui seul, valait plus que toutes ces vidéos réunies.

Un riff à la fois : la vraie logique derrière la méthode

Ce qui m'a vraiment aidé, ce n'est pas la simplicité supposée des accords, c'est de travailler riff par riff plutôt que morceau entier ou gamme abstraite — un repère concret dès la première tentative, plutôt qu'un objectif flou à atteindre un jour lointain. Ça change la manière d'aborder chaque session : un riff à la fois, jusqu'à ce qu'il tienne debout tout seul.

C'est aussi là que les bouts de doigts commencent à raconter leur propre histoire. Les cordes marquent la peau, une sensation qui pique avant de s'endurcir avec la pratique répétée. Rien d'extraordinaire, juste le prix d'entrée pour quiconque s'y met sérieusement. Ceux qui promettent zéro inconfort mentent un peu.

J'ai fini par suivre une méthode structurée, AC/DC en 7 riffs, pour arrêter de papillonner d'un morceau à l'autre sans jamais rien terminer. Ce qui m'a plu, c'est qu'elle va droit au but : pas de morceau entier à avaler d'un coup, des cellules rythmiques qu'on peut boucler jusqu'à ce qu'elles sonnent juste. Pour les branchements plus généraux — micro, casque, interface — il existe aussi une configuration home studio qui simplifie les choses sans transformer la question du son en usine à gaz. Ce n'est pas ce qui fera sonner un riff juste, mais ça évite de perdre patience avant même d'avoir commencé à jouer.

Interface audio prête à enregistrer une prise de guitare, coin studio à Grenoble

Choisir ses accords avant de viser le swing de Malcolm Young

Mon ami Julien Morin, plutôt calé en rock des années 90, m'a dit un jour que le choix du riff comptait autant que la technique — que certains riffs enseignent la précision sans qu'on s'en rende vraiment compte. Je pense qu'il a raison sur ce point : un riff bien choisi corrige des défauts qu'aucun exercice isolé ne corrige aussi efficacement.

Une fois qu'un riff commence à sonner à peu près juste, la question du son enregistré se pose vite. Une interface audio n'a pas besoin d'être compliquée à comprendre pour donner un résultat correct ; deux ou trois réglages de base suffisent la plupart du temps, et ce n'est pas votre jeu qui est mauvais quand une prise semble fade comparée à l'original — c'est souvent juste la captation.

Ce qui change une fois qu'on arrête de viser la perfection

Pour ajouter une rythmique différente sous mes prises, j'ai aussi essayé KOMPA GOD DRUMKIT Vol.1 — très éloigné du rock, mais utile pour garder le tempo en tête, presque comme un métronome qui aurait une personnalité. Et pour qui veut simplifier ses branchements sans y réfléchir des heures, la Configuration Home Studio couvre le strict nécessaire. Mais l'essentiel reste la guitare elle-même : se perdre dans les réglages avant même d'avoir un riff qui tient debout, c'est mettre la charrue avant les bœufs.

Charlotte Lebrun, qui commente régulièrement ici, revient parfois relire d'anciens articles quelque temps après leur publication, juste pour voir si les conseils tiennent encore la route une fois la nouveauté retombée. C'est une bonne question à se poser sur ce mythe de la facilité : est-ce que choisir AC/DC reste un bon calcul une fois l'enthousiasme des débuts passé ? Dans mon cas, oui — mais pas pour la raison qu'on croit au départ.

Ce n'est pas parce que c'est facile. C'est parce que la contrainte — peu de notes, un rythme qui ne pardonne rien — oblige à développer une régularité qu'on n'aurait pas cherchée autrement, et garder la motivation pour apprendre la guitare seul chez soi devient plus simple quand chaque session vise un seul riff, pas une liste entière d'objectifs. Des sessions courtes et régulières battent largement les longues séances qu'on annule dès que la fatigue s'installe.

Écouter sa propre prise pour juger, pas pour se flageller

Le lendemain d'une session frustrante, je suis parfois passé du côté des Halles Sainte-Claire pour changer d'air, et c'est souvent en marchant, loin de la guitare, que je comprenais ce qui clochait dans mon jeu — pas en la fixant, tendu, à chercher la solution sur place.

La vraie correction du mythe, c'est celle-ci : AC/DC n'est pas un raccourci parce que ce serait facile, mais parce que la contrainte de simplicité oblige à écouter vraiment ce qu'on joue, plutôt que d'enchaîner des notes en espérant que ça sonne bien. Avant de choisir votre premier riff, demandez-vous s'il vous oblige à rester dans le tempo plutôt que de vous laisser une marge d'erreur confortable. C'est ce critère-là, plus que la popularité du groupe, qui fait la différence entre un riff qui vous fait progresser et un riff qui vous occupe sans rien vous apprendre.

Si vous cherchez par où commencer concrètement, la méthode AC/DC en 7 riffs reste, avec le recul, le point de départ le plus honnête que j'ai trouvé pour ce genre d'approche — pas parce qu'elle promet une facilité qui n'existe pas, mais parce qu'elle organise justement cette contrainte dont je viens de parler, riff après riff.

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