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Mes astuces pour jouer des riffs de rock à la guitare sans solfège

Mes astuces pour jouer des riffs de rock à la guitare sans solfège

Un soir de mars pluvieux dans mon petit coin studio ici à Grenoble, je fixais ma guitare électrique avec un mélange d'envie et de frustration. J'avais cette envie viscérale de sortir le riff d'ouverture de Back in Black, cet album mythique sorti en 1980, mais je me heurtais toujours au même mur : je ne connais pas une seule note de solfège. Pour moi, une portée ressemble à une grille de mots croisés en langue étrangère.

Pourquoi j'ai jeté mes vieux manuels de théorie

Au début, j'ai essayé de faire les choses bien. J'ai acheté une méthode classique, mais j'ai vite décroché. Lire des rondes et des blanches sur du papier, ça ne me faisait pas vibrer. Ce que je voulais, c'était l'énergie brute du rock. J'ai donc pris une décision radicale : oublier la théorie et me concentrer sur les tablatures. C'est beaucoup plus simple quand on débute seul dans son salon. Sur une tablature, on voit les 6 cordes de la guitare représentées par des lignes, et des chiffres indiquent sur quelle frette poser ses doigts. Pas besoin de savoir que c'est un Do ou un Fa dièse, il suffit de viser la case 3.

Mes premiers pas ont été laborieux. Mes doigts ne voulaient pas se poser aux bons endroits et le son qui sortait de mon petit ampli ressemblait plus à une bouillie informe qu'à un classique du rock. J'ai appris à accorder ma guitare avec un petit appareil qui me confirme que mon La est bien à 440 Hz, la norme internationale, mais au-delà de ça, j'avançais à l'aveugle. Pourtant, c'est là que le plaisir a commencé à pointer le bout de son nez.

Gros plan d'une main jouant de la guitare avec une tablature en arrière-plan.

Ma méthode sauvage : les 7 riffs d'AC/DC

Après environ trois semaines de pratique, j'ai réalisé que pour garder la motivation, il me fallait des victoires rapides. C'est là que j'ai découvert que les riffs d'Angus et Malcolm Young sont le manuel de survie parfait pour le débutant. Pourquoi ? Parce qu'ils reposent énormément sur les Power Chords. Ce sont des accords simplifiés qui ne nécessitent que deux ou trois doigts. C'est la base de tout le rock et c'est incroyablement gratifiant.

J'ai passé des heures à essayer de passer d'un Mi majeur à un Ré sans que ça s'arrête entre les deux. Dans ces moments-là, on réalise que Malcolm Young utilisait des cordes à fort tirant pour avoir ce son massif, mais moi, avec mes cordes standard, je luttais déjà pour ne pas avoir de crampes. J'ai d'ailleurs écrit un petit billet sur pourquoi choisir les riffs de AC/DC pour débuter la guitare car c'est vraiment ce qui m'a sauvé du découragement. C'est une approche où l'oreille prend le pas sur l'intellect.

Le déclic de l'enregistrement en mai

Le vrai tournant est arrivé début mai, quand j'ai enfin osé brancher ma guitare dans ma petite carte son. Jusque-là, je jouais dans mon coin, content de moi quand je ne me trompais pas trop. Mais s'enregistrer, c'est une autre paire de manches. La première fois que j'ai réécouté une prise, j'ai eu un choc. Ce que je pensais être un riff solide était plein de petits silences gênants et de cordes qui frisent.

Je me souviens d'une session un samedi après-midi où j'essayais d'enregistrer une boucle propre. À chaque fois que je ratais un accord ouvert, le silence qui suivait était accablant, avec seulement la corde de Sol qui frisait lamentablement dans le micro. C'est dur pour l'ego, mais c'est incroyablement efficace pour progresser. Entendre ses erreurs en boucle force à corriger sa position de main beaucoup plus vite que n'importe quel cours magistral. C'est d'ailleurs à cette période que j'ai dû apprendre à entretenir un peu mon matériel, et j'ai découvert qu'il est vital de savoir comment changer les cordes de sa guitare sans tout casser, même si la mienne est électrique, le principe de soin reste le même.

Un petit ampli de guitare allumé dans un salon en soirée.

L'intuition plutôt que la partition

Mon conseil pour ceux qui, comme moi, ont passé la trentaine et veulent juste s'amuser : arrêtez d'essayer d'apprendre des gammes par cœur. La répétition mécanique de riffs à l'oreille développe une intuition musicale bien plus rapide que l'étude théorique. En répétant le même mouvement cinquante fois, on finit par comprendre comment le manche est construit, sans avoir besoin de mettre des noms compliqués sur les notes.

Parfois, après une bonne heure de pratique, il y a cette odeur de chaud qui se dégage de l'ampli et la pulpe de mes doigts qui picote sérieusement. C'est un signe de progrès. On commence à ressentir le rythme au lieu de le compter. Si vous débutez seul, je ne peux que vous conseiller de consulter mon guide sur comment réussir sa première prise de son guitare avec un DAW, car c'est l'outil qui m'a le plus aidé à structurer mon apprentissage sauvage.

Détail des doigts d'un débutant plaquant un accord sur le manche d'une guitare.

Conclusion : Faire du bruit honnête

Aujourd'hui, au milieu de l'été, je ne suis toujours pas un virtuose. Je ne sais toujours pas lire une partition de Mozart. Mais je peux brancher ma guitare et sortir un son crade mais honnête qui ressemble enfin à du rock. Le secret, c'est vraiment d'accepter les screechy beginnings, ces débuts un peu grinçants où rien ne sonne juste.

N'attendez pas de maîtriser la théorie pour faire du bruit. Prenez une tablature, accordez ces 6 cordes, et lancez-vous. Le home studio n'est pas là pour faire de vous une star de la production, mais pour être le miroir de vos progrès, aussi petits soient-ils. C'est une aventure solitaire, certes, mais tellement gratifiante quand, pour la première fois, le riff sonne exactement comme dans vos enceintes.

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