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Mes astuces pour jouer des riffs de rock à la guitare sans solfège

Riff de rock joué à la guitare électrique par un débutant sans solfège, gros plan sur le manche

Une corde qui frise ne sonne pas comme une fausse note : c'est un raclement sec et métallique, presque mécanique, qui n'a rien à voir avec un riff de rock réussi. Ce bruit-là, je l'ai entendu un paquet de fois en cherchant comment jouer de la guitare en débutant sans connaître une seule règle de solfège, depuis mon coin home studio à Grenoble. Et à force de tester deux façons opposées d'apprendre un riff, j'ai fini par comprendre laquelle marche vraiment, et dans quel ordre les utiliser.

Deux méthodes pour apprendre un riff sans lire la musique

Morgane Germain, une lectrice, m'a écrit un message il y a peu. Elle ne commente presque jamais, mais quand elle s'y met, c'est toujours une question à laquelle je n'avais pas pensé. Celle-ci : vaut-il mieux verrouiller chaque accord un par un avant de les enchaîner, ou foncer directement dans un riff complet et laisser les doigts s'ajuster en cours de route ? Ça m'a forcé à comparer, pour de vrai, les deux façons dont j'ai appris mes premiers riffs.

Aucune des deux méthodes ne demande de solfège, remarquez — les deux se jouent très bien sur des tablatures, avec des chiffres qui indiquent la frette à viser plutôt que des notes sur une portée. Le tableau complet des accords ouverts, je le garde pour une autre fois : ici, ce qui compte, c'est comment on assemble les notes en un riff qui tient debout.

Main de débutant posée sur le manche d'une guitare électrique, tablature de riff rock en arrière-plan

L'accord par accord n'a pas fonctionné pour moi

La première méthode, je l'ai pratiquée sérieusement avant même de recevoir la question de Morgane. Elle consiste à prendre un accord, le répéter jusqu'à ce que les doigts se placent sans réfléchir, puis passer au suivant, sans jamais essayer de les enchaîner dans une vraie chanson. Sur le papier, ça semble logique : maîtriser chaque brique avant de monter le mur.

Dans les faits, ça m'a soûlé. Un accord isolé, joué en boucle, ne ressemble à rien, ni à du rock ni à quoi que ce soit d'écoutable. Sans le contexte d'une vraie chanson, impossible de sentir si le rythme est bon ou si le changement d'accord tombe au bon moment. Les doigts qui tirent la grimace au début, c'est un autre chapitre que je n'ouvre pas ici — ce qui m'intéresse, c'est le résultat sonore, pas la douleur.

Le pire, c'était la corde de mi grave. Mal calée sur la frette, elle rendait un raclement grave et mat plutôt qu'une note franche, et ce raclement-là revenait à chaque tentative, comme pour me rappeler que je tournais en rond.

Foncer dans un riff complet à la AC/DC, fautes comprises

La seconde méthode, je m'y suis mis presque par dépit. Au lieu de saucissonner un accord à la fois, j'ai pris un riff entier, un de ces Power Chords tout simples qu'Angus et Malcolm Young utilisaient à la pelle, et j'ai essayé de le jouer du début à la fin, fautes comprises. J'ai raconté ailleurs pourquoi choisir les riffs de AC/DC pour débuter la guitare, mais l'idée tient en une phrase : deux ou trois doigts suffisent, et le riff sonne déjà comme quelque chose dès les premiers essais ratés.

Certains appellent ça apprendre par le riff plutôt que par la théorie, un réflexe que j'ai adopté sans savoir que ça portait un nom. Et puis il y a eu ce moment où, en rejouant la boucle, j'ai reconnu le morceau, pas parfait, plein d'aspérités, mais assez proche de l'original pour que ce soit clairement lui et pas un bruit random de cordes.

L'enregistrement a révélé la vraie différence entre les deux méthodes

Brancher la guitare dans la carte son a tranché le débat mieux qu'aucune réflexion. En réécoutant une prise du riff appris accord par accord, les transitions restaient hachées, avec des silences là où il aurait fallu une note. La prise du riff appris en entier, elle, avait des fautes, mais elle avançait : le rythme restait là même quand une note ratait.

Marc Besson, mon collègue de bureau, qui joue de la basse dans un groupe amateur, a écouté les deux prises sur son téléphone un midi, assis avec moi Place Grenette, et n'a pas mâché ses mots. La version accord par accord ne ressemblait à rien, disait-il, alors que l'autre sonnait déjà comme une vraie chanson, même moche.

C'est aussi à ce moment-là que j'ai compris qu'il fallait un peu entretenir l'instrument pour que les prises sonnent juste : savoir comment changer les cordes de sa guitare quand elles commencent à sonner mat, même sur une électrique, ça change tout à l'enregistrement.

Le choix de la carte son elle-même, et la manière d'obtenir un son correct une fois branché, c'est tout un autre sujet que je laisse de côté ici — tout comme aménager ce coin dans un petit appartement, qui a déjà fait l'objet d'un autre billet.

Ampli de guitare allumé en soirée, pour enregistrer un riff de rock appris sans solfège

Choisir un camp ou garder les deux méthodes

Après avoir comparé les deux pendant un moment, mon verdict est simple. L'accord isolé garde son utilité quand un changement précis pose vraiment problème : un barré qui ne sonne jamais net, un passage qui coince toujours au même endroit. Là, l'isoler quelques minutes pour comprendre où le doigt bloque a du sens.

Mais comme méthode de départ, pour donner envie de continuer, le riff complet gagne à tous les coups. Il donne un résultat qui ressemble à quelque chose dès le premier soir, même raté, alors que l'accord seul ne procure jamais ce sentiment-là. Ça rejoint une logique que j'essaie de suivre ailleurs aussi : des passages courts valent mieux qu'une séance qu'on repousse sans cesse.

Doigts d'un guitariste débutant plaquant un accord ouvert sur le manche, en pleine séance d'apprentissage

Si vous débutez comme moi, sans solfège et sans prof, gardez ça en tête : lancez-vous dans un riff complet dès le premier soir, laissez les fautes exister, et n'isolez un accord que le jour où il devient vraiment votre ennemi. Pour capturer ces essais bruts sans y perdre trop de temps, mon billet sur comment réussir sa première prise de son guitare avec un DAW reste le meilleur point de départ que je connaisse.

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