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Trouver le bon médiator pour débuter la guitare électrique sans galérer

Trouver le bon médiator pour débuter la guitare électrique sans galérer

C’était un soir de mars particulièrement frustrant, un de ces moments où le silence de mon appartement grenoblois semble amplifier chaque fausse note. J’étais assis sur mon tabouret, penché sur mon petit bureau transformé en coin studio, essayant de boucler un riff tout simple. Et là, le drame minuscule : mon médiator a glissé de mes doigts moites pour finir sa course quelque part sous le meuble, dans un recoin sombre où la poussière s'accumule. J’ai entendu ce petit bruit sec et agaçant du plastique qui tape contre le parquet, une sorte de 'tic-tic' dérisoire qui a coupé net mon élan créatif. C’est fou comme un bout de plastique à cinquante centimes peut ruiner une session de travail de vingt minutes.

À l'époque, je ne me posais pas de questions. J’utilisais un vieux médiator publicitaire qu’on m’avait donné, un truc tout souple, presque transparent. Je pensais que c’était normal que ça plie sous les cordes. Je pensais que le bruit de 'clac-clac' que j'entendais dans mon casque quand j'enregistrais mes premières prises était simplement dû à mon manque de talent. Mais ce soir-là, en cherchant mon bout de plastique à quatre pattes sous mon bureau, j’ai réalisé que ma main droite était totalement crispée. Mes doigts se serraient sur le médiator au point d'avoir une marque blanche sur l'index après seulement dix minutes de pratique. Il y avait quelque chose qui ne tournait pas rond dans ma manière de tenir cet outil.

La jungle des épaisseurs et des matières

Après environ trois semaines de pratique quotidienne, j’ai fini par craquer et j’ai commandé un de ces packs de variétés. Vous savez, ces sachets qui contiennent toutes les couleurs et toutes les épaisseurs possibles. C’est là que j’ai découvert que le monde du médiator est une véritable science occulte pour nous, les débutants. Sur le papier, tout semblait simple : plus c'est fin, plus c'est facile pour gratter des accords. Plus c'est épais, plus c'est pour les solistes rapides. Enfin, c'est ce que disent les manuels.

Gros plan de plusieurs médiateurs de différentes épaisseurs sur un bureau en bois

J’ai commencé par tester le standard de l'industrie, le fameux 0.73mm. C’est souvent ce qu'on recommande aux gens comme moi qui débutent sur une guitare électrique montée avec un tirant de cordes standard électrique de 9-42. Le 0.73mm est polyvalent, il est censé offrir un bon compromis entre souplesse et rigidité. Mais dans mon coin studio, le résultat était mitigé. Certes, c'était mieux que mon bout de plastique publicitaire, mais j'avais toujours cette impression que le médiator décidait lui-même de quand il allait passer la corde. Il pliait, il s'attardait, et mon rythme en pâtissait.

Puis, au début du mois de juin, j'ai eu une sorte de déclic. J’ai essayé des modèles plus rigides en Delrin, une matière synthétique qui a un toucher un peu plus 'poudreux' et qui ne glisse pas entre les doigts. Le Delrin (souvent appelé Tortex par certaines marques) permet d'avoir une prise bien plus ferme sans avoir besoin de serrer comme un sourd. J’ai testé le 1.14mm, l'épaisseur d'un médiator heavy. La sensation était déjà radicalement différente. Le son était plus plein, moins 'ferraille'. On entendait moins le frottement du plastique et plus la vibration de la corde elle-même.

Le pari du 1,5 mm : pourquoi l'épaisseur fait la différence

C’est ici que je vais peut-être aller à l'encontre de ce qu'on lit partout. Souvent, on conseille aux débutants de prendre des médiators fins car ils 'pardonnent' les erreurs de trajectoire de la main. Si on frappe trop fort, le médiator plie et la corde ne casse pas. Mais j'ai découvert qu'en réalité, c'est un piège. Un médiator fin masque vos défauts de précision. C’est un peu comme essayer d'apprendre à peindre avec un pinceau dont les poils seraient mous comme des spaghettis cuits.

Un samedi après-midi pluvieux, alors que je tournais en rond sur mes exercices, j'ai sorti du sachet un monstre de 1.5mm. C’est très épais, presque comme une petite pièce de monnaie. Au début, j'ai eu l'impression de tenir un caillou. Mais en l'utilisant sur mes riffs de rock sans solfège, j'ai compris un truc essentiel : la précision. Avec 1,5 mm, le médiator ne plie pas. Jamais. C'est votre main qui doit s'adapter. Et paradoxalement, cela m'a forcé à détendre mes doigts. Puisque l'outil est rigide, je n'ai plus besoin de le serrer pour qu'il garde sa forme. Il reste droit, et c'est mon poignet qui fait tout le travail de souplesse.

L'avantage immédiat, c'est le contrôle. Quand je veux jouer une note, elle sort exactement au moment où je le décide. Il n'y a plus ce micro-délai dû à la torsion du plastique. Pour quelqu'un qui, comme moi, essaie de comprendre quel logiciel pour enregistrer sa guitare utiliser sans se perdre dans la technique, avoir un son net dès la source est un gain de temps phénoménal. On passe moins de temps à essayer de corriger un son 'mou' à l'ordinateur quand l'attaque est franche dès le départ.

Main tenant un médiator épais au-dessus des cordes d'une guitare électrique

Apprendre à écouter son attaque

Ce que j'ai appris au cours de ces cinq derniers mois, c'est que le choix du médiator influence directement l'égalisation naturelle de votre guitare. Un médiator fin (0.50mm ou moins) apporte beaucoup d'aigus et un bruit de frottement très présent, ce qui peut être joli sur une acoustique pour gratter des accords de feu de camp, mais qui devient vite agaçant sur une électrique avec de la distorsion. Le 1.5mm, lui, apporte de la rondeur et de la profondeur. Il 'muscle' l'attaque sans ajouter de bruits parasites.

J'ai aussi remarqué que ma fatigue musculaire a diminué. C'est contre-intuitif, mais plus l'outil est solide, moins on a tendance à compenser avec la force brute des doigts. Mes sessions de pratique en fin de journée sont devenues plus longues et moins douloureuses. Je ne finis plus avec cette sensation de crampe dans la paume de la main. C'est peut-être un détail pour un pro, mais pour un trentenaire qui reprend la guitare après une journée de boulot, c'est la différence entre avoir envie de s'y mettre ou laisser la guitare sur son stand.

Si vous débutez et que vous galérez à garder votre médiator en main, ou que vous trouvez que votre son manque de 'corps', ne faites pas comme moi au début. Ne vous contentez pas du premier truc qui traîne. Achetez quelques modèles différents, mais testez vraiment les épaisseurs supérieures à 1mm. On nous vend souvent la souplesse comme une aide, mais c'est la rigidité qui vous apprendra la vraie précision. C'est l'outil le plus sous-estimé de tout mon setup, et pourtant, c'est celui qui a le plus d'impact sur le plaisir immédiat de sentir la corde vibrer sous ses doigts.

Aujourd'hui, mon petit coin studio à Grenoble est jonché de ces petits triangles sombres. J'en ai toujours un à portée de main, souvent un 1.5mm avec une forme standard 351, la plus classique. C'est devenu mon compagnon de route, celui qui ne s'envole plus au moindre coup de médiator vers le bas un peu trop enthousiaste. Parfois, le plus gros changement dans notre progression de débutant ne vient pas d'une nouvelle pédale d'effet coûteuse, mais d'un simple petit bout de Delrin bien choisi.

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