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Comment obtenir un son de guitare correct en enregistrement amateur

Comment obtenir un son de guitare correct en enregistrement amateur

Un soir d'avril, j'ai enfin eu le courage d'écouter ma toute première prise de guitare enregistrée dans mon salon ici à Grenoble. J'avais passé deux heures à essayer de reproduire un riff que j'aimais bien, en pensant que le résultat serait au moins... écoutable. Quelle claque. Le son ne ressemblait pas du tout à du rock'n'roll, c'était plutôt un essaim de guêpes en colère enfermé dans une boîte de conserve. C'était agressif, criard, et honnêtement, assez décourageant.

Depuis la fin de l'hiver dernier, environ cinq mois maintenant, je me bats avec ce petit coin de table qui me sert de studio. On imagine toujours qu'il suffit de brancher la guitare et d'appuyer sur un bouton rouge pour que la magie opère. La réalité, c'est qu'entre les câbles qui traînent et les réglages obscurs du logiciel, on se retrouve vite à faire de la bouillie sonore. Mais avec le temps, et surtout après pas mal d'erreurs bêtes, j'ai fini par comprendre deux ou trois trucs qui changent tout, sans avoir besoin d'être un ingénieur du son diplômé.

L'installation entre le canapé et la fenêtre

Tout a vraiment commencé un samedi pluvieux de mars. J'avais fini d'installer mon petit matériel, comme je l'expliquais quand je cherchais comment aménager son coin home studio dans un petit appartement grenoblois. Mon interface audio trônait fièrement sur mon bureau, et je pensais que le plus dur était fait. Ma première erreur a été de croire que pour avoir un 'gros' son, il fallait pousser tous les boutons à fond.

J'ai passé les trois premières semaines de tâtonnements à lutter contre un souffle permanent. Je montais le gain de mon interface jusqu'à ce que la petite lumière clignote en rouge à chaque coup de médiator. Dans ma tête de débutant, rouge signifiait 'puissance'. En réalité, c'était juste le signal que j'étais en train de massacrer la numérisation de mon jeu. On appelle ça le clipping, et contrairement à la saturation sympa d'un vieil ampli, la distorsion numérique, c'est juste moche. C'est froid, ça craque, et ça détruit tout le relief de ce qu'on joue.

Gros plan sur le bouton de gain d'une interface audio avec un voyant rouge

La règle du chiffre magique : 0 dBFS

Le vrai déclic technique est arrivé au début du mois de mai. J'ai arrêté de regarder ma guitare et j'ai commencé à regarder les jauges sur mon écran. J'ai appris que le niveau de crête cible pour éviter le clipping numérique est de 0 dBFS. C'est la limite absolue. Si on la dépasse, le logiciel ne sait plus quoi faire du signal et il le 'coupe' violemment. Pour être tranquille, je vise maintenant le milieu de la jauge, ce qui laisse de la place pour les moments où je m'excite un peu trop sur les cordes.

J'ai aussi réglé mon logiciel une bonne fois pour toutes sur les standards du milieu. J'utilise un taux d'échantillonnage de 44.1 kHz, ce qui correspond à la qualité CD classique, et une résolution de profondeur de 24 bits. Au début, ces chiffres me faisaient peur, mais c'est un peu comme choisir la résolution d'une photo : le 24 bits permet de garder beaucoup plus de détails dans les sons faibles et les sons forts sans avoir de souffle parasite. Une fois que c'est réglé, on n'y touche plus, et on peut enfin se concentrer sur le placement de ses doigts.

Pourquoi le son parfait à la source est un piège

C'est ici que mon avis diverge de ce qu'on lit souvent sur les forums de puristes. On vous dira toujours qu'il faut avoir le son 'parfait' dès l'entrée. Moi, j'ai découvert qu'en home-studio, chercher un son trop propre ou trop fini dès le départ empêche souvent de bien mixer plus tard. Si vous enregistrez un son avec énormément d'effets, de réverbération et d'égalisation déjà figés, vous ne pourrez plus rien changer si vous vous rendez compte que ça sonne trop sourd une fois mélangé à une batterie.

Aujourd'hui, j'enregistre un son de guitare assez 'neutre', presque un peu sec. Ça paraît moins flatteur à l'oreille quand on joue tout seul, mais c'est beaucoup plus malléable. C'est comme cuisiner : il vaut mieux ajouter le sel à la fin que d'avoir un plat déjà trop salé qu'on ne peut plus rattraper. Cette approche m'a permis de mieux progresser, car on entend mieux ses fautes de frappe quand le son n'est pas noyé dans un écho infini.

Écran d'ordinateur affichant des ondes sonores d'enregistrement de guitare

La révolution des simulations de baffle (IR)

Si vous branchez votre guitare directement dans votre interface, le son est souvent 'fizzy', très aigu et désagréable. C'est normal : il manque l'étape du haut-parleur. En mai, j'ai découvert les 'IR' (Impulse Responses). Ce sont des petits fichiers qui simulent le comportement d'un vrai baffle de guitare capté par un micro. C'est ce qui a transformé mon son 'nid d'abeille' en quelque chose de chaleureux et de crédible.

Il existe des tonnes de simulations gratuites sur le web. En les chargeant dans mon logiciel, j'ai enfin eu l'impression d'être dans un studio et non plus juste dans mon salon. C'est gratifiant de voir qu'avec juste un logiciel et une bonne interface (j'avais d'ailleurs écrit un mot sur comment choisir sa première interface audio pour débutant à la maison), on peut obtenir une texture qui donne envie de jouer pendant des heures. On finit par oublier la technique pour se concentrer sur le plaisir du riff.

Le quotidien du gratteux de salon

Tout n'est pas rose pour autant. Un soir de canicule en juin, il y a quelques jours, j'étais tellement fier d'avoir trouvé le réglage idéal que j'ai enchaîné les prises pendant une heure. Je transpirais, je sentais l'odeur de plastique chaud de mon interface audio qui tourne depuis trois heures dans mon petit appartement mal ventilé... et c'est seulement en voulant réécouter mon chef-d'œuvre que j'ai réalisé que j'avais oublié d'appuyer sur le bouton 'Record'. Une heure de jeu intense, perdue dans les limbes du silence. C'est aussi ça, l'apprentissage.

Mais quand on finit par sortir une prise correcte, quel pied ! On commence par des choses simples. J'ai passé beaucoup de temps sur des classiques, en essayant d'appliquer ces conseils pour apprendre les riffs de AC/DC pour débutant sans solfège. Quand on entend ce son gras et puissant sortir de ses enceintes alors qu'on est juste en chaussettes chez soi, on se dit que le grind quotidien en vaut la peine.

Une guitare électrique posée contre un canapé dans un salon ensoleillé

En regardant mes fichiers d'enregistrement aujourd'hui, je vois le chemin parcouru. Ce n'est pas parfait, loin de là. Il y a encore des petits bruits de cordes, des moments où je ne suis pas tout à fait en rythme, mais le son est enfin 'correct'. C'est-à-dire qu'il est écoutable sans avoir à s'excuser auprès de ses amis quand on leur envoie un extrait par message. On n'est plus dans la démonstration technique, on est dans le partage d'un petit moment de musique domestique, et c'est déjà une immense victoire.

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